L'aprèm de notre arrivée on s'est un peu baignés, mais c'était plutôt compliqué. La plage de D'Lagoon est jonchée de coraux morts. Ça pique les pieds et ça aide pas à garder l'équilibre !
On s'est quand-même mis à l'eau pour tester la température : par-faite ! Mais je dois avouer que j'ai commencé à paniquer un peu. On n'avait pas encore loué les masques et les tubas, donc impossible de se faire une idée nette de ce qu'il y a au sol, et on voyait depuis la surface qu'un peu partout gisaient, comme de très grosses limaces endormies, des concombres de mer géants (qu'on appelle aussi, selon la légendaire finesse marseillaise, des "viers de mer").
Bref, pas comme un poisson dans l'eau du tout. Unai était à l'aise, il avait déjà fait de la plongée en plus.
Mais hier j'ai décidé de prendre ma revanche. On a loué l'équipement pour le snorkeling (10 ringgits pour toute la journée, jusqu'à 19h, super !), et on est allés sur une autre plage, Turtle beach. Et là, woaw ! Des poissons partout, alors que l'eau nous arrive à peine au dessus des chevilles.
On a nagé jusqu'à ce que nos estomacs crient famine.
Je ne saurais pas dire le nom de tous les poissons qu'on a pu voir, mais entre autres, il y avait... des poissons-clown (cousins du célèbre Némo), qui semblaient montés sur des ressorts qui les faisaient sautiller entre les anémones dansantes ; des poissons-perroquet ; des poissons-papillon (mais en noir et blanc) ; des coquillages géants, des tas de coraux différents, des gobies qui ressemblaient à des cailloux, et, et, la star de toutes les stars : un requin de récif !!
Après avoir mangé, on a glandouillé à table en jouant un peu aux cartes, puis on a remis masques et tubas pour aller snorkeler sur notre plage.
Magnifique aussi, mais à nouveau je n'étais pas trop rassurée. La profondeur peut-être, ou le fait de pas trop pouvoir poser mes pieds au sol à cause de ces satanées limaces. La marée avait trop baissé pour pouvoir être à l'aise près du bord, où en plus des poissons n'arrêtaient pas de nous mordiller, à peine avait-on un orteil faisant mine de s'appuyer par terre.
On a donc fini par sortir, et assis les fesses sur des bouts de corail d'un blanc impeccable, on contemplait la silhouette de l'île d'en face, qui s'effaçait derrière le haze.
Douche fraîche pour s'enlever tout le sel accumulé pendant la journée et direction les hamacs en filet de pêche pour un moment de lecture, paisible. J'ai lu presque d'un trait Tuer le père, d'Amélie Nothomb, à un chapitre près, à cause du manque de lumière. Quoi, il fait déjà nuit ?
On va donc se mettre à table et au moment où on s'apprête à commander, un des types qui bosse la-bas vient annoncer que des bébés tortues vont naître !
Mouvement de foule, nous voilà tous regroupés autour d'un grillage qui servait à protéger le nid. Et là, soudain, plop, une petite tortue sort du sable, plop, une autre apparaît, plop, la troisième pointe son nez, pause, et, plop, plop, plop, plop, plop... Des mini tortues qui sortaient du sable comme une explosion de pop-corn.
Au final, je pense qu'il devait y en avoir une trentaine. Elle ont toutes été ramassées pour etre mises dans un seau puis à l'abri pendant une semaine. On nous explique que si on les laisse aller à l'eau dès la naissance les requins et les aigles marins vont s'en faire un festin. Moi, j'en ai pris au moins cinq, de leur nid vers le seau.
Chacun est retourné à sa chaise et à ce qu'il faisait l'instant d'avant. Moi j'ai tardé un peu à retrouver mon chemin parce que j'ai commencé à papoter avec une française qui était en voyage en Malaisie avec son mari et ses deux enfants, à échanger sur la vie ici, les rencontres, la nature...
On a soupé en reparlant plusieurs fois des tortues et du requin. La journée a vraiment été magique.